Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 18:30

Arrive un moment où le citoyen mécontent doit prendre ses responsabilités et se donner les

moyens de faire changer les choses. Il y a quelques siècles, cela consistait à se munir de sa fourche pour aller en découdre, mettre à sac les endroits stratégiques et couper quelques têtes. Aujourd'hui, des fâcheux voudraient nous faire croire que la situation n'a pas beaucoup évolué, si ce n'est que l'Humanité a découvert le cocktail molotov, la batte de baseball et la carabine à plombs, meilleurs amis du révolutionnaire contemporain avec Facebook et Twitter.

 

Au risque de passer pour un affreux réactionnaire, j'affirme qu'il y a d'autres façons de faire. Utiliser la violence, c'est troubler l'ordre public et légitimer son usage en retour. Chacun s'accordera, je pense, à reconnaître que nous ne sommes pas dans une situation aussi désespérée que les Syriens, et que par conséquent la guérilla urbaine est superflue. Inutile, aussi : tenter de déstabiliser le gouvernement ne nuira pas à la finance internationale, au contraire. Il s'agit donc d'utiliser ses armes contre elles, et de frapper là où ça fait mal, dans les bourses.(1) C'est l'esprit de ce petit guide du révolutionnaire, qui vous permettra de chanter l'internationale sans sortir de chez vous.

 

I. Videz vos comptes et placez vos économies dans des banques coopératives. Les grands

groupes se moquent du monde depuis le début de la crise, ne dissimulant leur avidité derrière un repentir hypocrite que lorsqu'ils ont besoin de garantie ou de prêts publics. Dont acte. Feront-ils toujours les malins amputés d'une bonne partie de leurs fonds et ne pouvant plus utiliser les petits épargnants comme prétexte à leur sauvetage ?

 

II. Ne souscrivez plus de crédit à la consommation. Faut-il rappeler que c'est en grande partie à

cause des emprunts inconsidérés de monsieur tout le monde que nous sommes aujourd'hui dans une telle situation ? Asphyxier les rapaces financiers qui portent le nom de sociétés de crédit, c'est participer au salut de l'espèce humaine, rien de moins. Que les incrédules aillent voir Toutes nos envies au cinéma.

 

III. Revendiquez votre pouvoir d'acheteur, celui de choisir. Évitez les groupes connus pour leurs

délocalisations, leur évasion fiscale ou que sais-je. Favorisez les entreprises responsables et les productions sinon locales ou nationales, en tout cas européennes.

 

Et enfin, si vous faites déjà tout cela mais que ça ne suffit pas : votez pour que tout le pays le fasse avec vous. Nul ne m'accusera d'être un crypto-marxiste, mais je crois en la démocratie et au vote protestataire. Si le Front de Gauche ou le NPA font dix, quinze ou vingt pourcents -il ne s'agirait pas non plus qu'ils arrivent au pouvoir, tout de même- le reste de la classe politique sera obligé de reprendre certaines de leurs idées les moins sottes dans le domaine économique.

 

Alors en un mot comme en cent, agissez, et faites agir autour de vous. Mais de grâce, pas en

plantant votre tente sur le parvis de la Défense.

 

 

(1) : Pardon.

Par Lucien Leclerc - Publié dans : Idées en vrac
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 19:20

Une fois de plus, l'émission On n'est pas couchés a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Alors que le sympathique Philippe Poutou, candidat désigné du Nouveau Parti Anticapitaliste aux présidentielles de 2012, expliquait pourquoi geler les remboursements de la dette était une nécessité(1), la vile Audrey Pulvar (encore elle) l'a interrompu pour lui répondre en substance : « Mais enfin mon bon monsieur, vous n'y songez point, cela effraierait nos créanciers dont nous avons tant besoin pour emprunter ! ». Ce qui est faux, comme nous le savons à présent. Et pourtant, personne sur le plateau n'a brandi un exemplaire imprimé de mon premier billet en lançant un triomphal : « Aha, détrompez-vous ! »

 

Ce qui, forcément, nous conduit à nous poser la question suivante. Est-ce que l'ensemble des politiciens, des économistes, des journalistes et des personnalités publiques en général nous mentent sciemment ? Par naïveté peut-être, je refuse de croire à la théorie du complot international des élites visant à enfermer la population mondiale dans un ingénieux système d'esclavage financier. Ne reste dès lors qu'une explication, guère réjouissante. Ils n'ont pas le moindre début d'idée de ce dont ils parlent.

 

Quelque part, il existe sûrement une poignée d'experts qui donnent en toute bonne foi leur avis

à qui le demande. Cet avis se répand comme une traînée de poudre dans toutes les hautes sphères, politiques et médiatiques, qu'importe s'il n'est le fruit que de réflexions coincées dans un cadre idéologique périmé. Et c'est ainsi qu'on se retrouve avec de prétendus journalistes recrachant mécaniquement la soupe qu'on leur a servie, intimement convaincus qu'ils ne font là qu'instruire le plus grand nombre. Pourquoi ne pas en effet s'accrocher à ces réconfortants petits îlots de dogme au milieu d'un océan d'inquiétantes incertitudes ?

 

Sauf que ces îlots n'ont même pas la rassurante stabilité de la vérité universelle, puisqu'ils se déplacent au gré des circonstances. Il y a un an, le concept même de faillite d'un État européen faisait rire tout le monde. Comment, vous voulez dire que ces centaines de milliards que nous dépensons sans les avoir, un jour, quelqu'un va nous les réclamer ? Allons, allons, un peu de sérieux je vous prie. Il y a trois mois, tandis que la Grèce s'enfonçait, on la pressait de prendre au plus vite des mesures d'austérité. Votre déficit public atteint 10% de votre PIB ? C'est ennuyeux, mais si vous supprimez la retraite des fonctionnaires vous allez passer à 8%, ce qui est nettement mieux. Et aujourd'hui, puisque le simple fait que la Grèce n'est pas et ne sera jamais en mesure de rembourser ses créanciers a fini par pénétrer même les crânes les plus épais, on nous présente comme une évidence qu'il faille effacer la moitié de son ardoise ou même davantage.

 

Alors évidemment, on peut se réjouir de cette évolution. Ce serait toutefois oublier l'incroyable

lenteur du phénomène, et surtout son incroyable caractère moutonnier. Quand personne ne comprend rien à ce qui se passe, c'est tout simplement le premier à ouvrir la bouche qui a raison, même s'il profère une ineptie. Et tant que monsieur tout le monde se réfugiera derrière un lâche « J'y comprends rien d'toute façon », pourquoi les choses changeraient-elles ?

 

 

 

(1) : Il avait probablement lu mon article sur la question, je ne vois que cette explication. Autrement, ça voudrait dire que je partage naturellement une opinion avec le NPA, ce qui serait affreusement gênant.

Par Lucien Leclerc - Publié dans : Le chantier européen
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 16:54

Cela fait quelques jours maintenant qu'on ne nous parle plus, ou très peu, des primaires. C'est

donc par pur esprit de contradiction que j'aimerais y revenir aujourd'hui, et, vous l'aurez compris d'après le titre, expliquer pourquoi je pense que ce système devrait être généralisé, indépendamment des réserves qu'ont pu exprimer divers responsables principalement de droite avec un degré variable de mauvaise foi.

 

Premièrement, les primaires ouvertes permettent de limiter la mainmise des appareils

partisans sur la vie politique. Lorsque les candidats aux élections, présidentielles ou autres, sont désignés par vote des responsables ou même des militants, les apparatchiks ont la possibilité de faire jouer le clientélisme et le noyautage. Il leur suffit d’œuvrer dans l'ombre et d'accumuler les soutiens pour s'imposer, le jour venu, sans risque d'opposition sérieuse. On comprend dès lors que Jean-François Copé soit l'un des plus fervents détracteurs des primaires socialistes : lui qui se voyait déjà champion de l'UMP en 2017, grâce au temps passé à la tête du groupe à l'Assemblée puis en tant que secrétaire général du parti, va vraisemblablement devoir se battre pour la place.

 

Ce qu'on pourrait presque appeler l'ouverture à la concurrence des investitures permet donc une plus grande transparence du jeu politique, avec des candidats qui ne sortent plus de nulle part via d'obscures tractations mais sont choisis par le jury le plus large possible. Ce qui a une conséquence directe sur l'intérêt porté par l'opinion à la vie politique.

 

Le deuxième avantage des primaires est là. Dans un pays de tradition pseudo-poujadiste, où il

est commun d'entendre des formules comme « tous pourris » diligemment relayées par certains partis opportunistes, le fait que monsieur tout le monde ait un pouvoir direct sur la désignation de son poulain ne peut que l'inciter à réviser ses vues. Tel responsable est mouillé dans une histoire de corruption ? Tel autre est soupçonné d'avoir détourné des fonds ? Qu'à cela ne tienne, c'est le troisième qui recueillera les suffrages et décrochera l'investiture, alors que les deux premiers auraient eu toutes les chances de s'imposer dans un processus interne. Les primaires donnent au grand public la possibilité d'assainir un milieu incapable de le faire lui-même. Plus de raison de détourner le regard !

 

Regard que de toute façon, les médias se chargent de focaliser. Le succès des primaires socialistes tient au nombre de votants, bien sûr, mais aussi au battage médiatique de plusieurs semaines qu'elles ont entraîné. Les chaînes publiques comme privées ont accordé un temps d'antenne proprement incroyable aux candidats et aux responsables socialistes. Et si elles ont pu le faire, c'est parce que l'audimat était au rendez-vous. A présent, dans le panthéon des valeurs télévisuelles sûres, on trouve les coupes du monde, les confessions d'obsédé sexuel, Docteur House et les débats des primaires.


Ce qui nous amène au troisième et dernier intérêt du processus, la tribune offerte aux petits et

aux « sans-grades ». Auparavant, si une formation politique voulait exister au niveau national, elle devait présenter un candidat aux élections présidentielles, avec tout les inconvénients que cela suppose : difficulté d'obtenir les cinq cents signatures, risque de dispersion des voix de la famille politique, et manque de visibilité au milieu d'une bande d'outsiders. Ces trois difficultés sautent, puisque les candidatures sont ouvertes, l'élection n'est pas la « vraie », et les petits candidats sont moins nombreux. On l'a constaté avec l'inénarrable Jean-Michel Baylet, qui a eu l'occasion de développer des idées plutôt intéressantes -notamment sur l'Europe fédérale- malgré son statut assumé de Mister Nobody. Arnaud Montebourg et Manuel Valls, avec nettement plus de succès en particulier pour le premier, ont également pu faire valoir leurs positions originales par rapport aux trois candidats plus conventionnels.

 

Résultat, tout le monde est gagnant. Le parti socialiste et le parti radical de gauche présenteront au premier tour un candidat unique a priori protégé contre un nouveau 21 avril ; François Hollande profite d'une vraie légitimité et d'une première expérience du feu ; et les courants minoritaires ont eu la possibilité de s'exprimer de façon bien plus audible que lors des congrès du parti.

 

L'échiquier politique français laisse de la place à au moins quatre ou cinq primaires, à gauche,

au centre, à droite, parmi les écologistes et pourquoi pas à l'extrême gauche ou à l'extrême droite, qui sont autant d'occasions de mettre un coup de balai dans un système poussiéreux. Il est grand temps que les citoyens reprennent possession du débat politique !

Par Lucien Leclerc - Publié dans : Du côté de chez nous
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 18:11

Enfin, Bernard Henri-Lévy peut mourir, la Libye est libre. Les courageuses forces démocratiques

armées de frondes, de bâtons et de légitimité ont vaincu les vils mercenaires du méprisable tyran, avec l'aide bienveillante mais respectueusement distante des Occidentaux. Et quelle importance si, dans un mouvement de liesse populaire consécutif à la victoire, le dictateur déchu, au moins un de ses fils, et quelques-uns de ses proches ont été lynchés par la foule ? Vae victis, ils l'avaient bien mérité !

 

Voilà en somme la façon dont les médias nous vendent la situation en Libye, sans que cela ne semble poser problème à grand monde, les rares partisans de Kadhafi exceptés. Faut-il être un fanatique soutien du Guide pour s'élever contre les méthodes du CNT et de l'OTAN, et pour voir dans la révolution libyenne autre chose qu'une merveilleuse aventure démocratique ?

 

Reprenons du début. Tout commença avec l'apparition, ou plutôt la réactivation du foyer rebelle

de Benghazi. La ville n'en était pas à son premier soulèvement pour raisons tribales(1), et celui-ci n'était a priori pas destiné à finir autrement que les précédents, car déjà, les colonnes de blindés du régime affluaient. Seulement, le printemps arabe et BHL étaient passés par là : l'opinion européenne s'émut, les responsables politiques flairèrent l'occasion d'une bonne opération médiatico-diplomatique... bon gré mal gré, une résolution de l'ONU fut votée, autorisant l'OTAN à intervenir pour défendre les populations civiles. L'entrée des troupes loyalistes dans Benghazi semblant assez peu compatible avec le bien-être de ses habitants, d'abondantes volées de Tomahawks et des raids d'aviation se chargèrent de disperser -littéralement- les blindés.

 

Seulement, l'auto-proclamé Conseil National de Transition s'est senti pousser des ailes (de Rafale) et s'est lancé à la conquête du reste de la Libye. Est-ce que Nicolas Sarkozy et David Cameron ont choisi à ce moment d'outrepasser le mandat de l'ONU ? Ou bien cette décision était-elle prise avant même le vote de la résolution ? Après tout, l'occasion de se débarrasser d'un voisin encombrant et ambitieux était tentante. Toujours est-il que la défense des populations civiles s'est transformée en soutien armé des rebelles. Les soldats désorganisées et mal équipées du CNT ont péniblement progressé derrière les tapis de bombes des avions français et anglais. Et malgré quelques mois difficiles durant lesquels les troupes régulières ont tenu bon, le soutien logistique occidental a fini par faire pencher la balance. Les villes sont tombées les unes après les autres, jusqu'à Syrte il y a quelques jours.

 

Jusque là, à part une résolution du conseil de sécurité ayant servi de papier hygiénique à deux

de ses membres au moins, pas grand chose à signaler. Mais après la chute du dernier bastion loyaliste, voici que les rebelles n'en sont plus, et que les opprimés d'hier deviennent les oppresseurs d'aujourd'hui. Combien de fables différentes nous a-t-on servies sur la mort de Kadhafi ? Elles sont toutes démenties à cause des téléphones portables, de Tweeter et de Facebook, alliés d'hier devenus gênants, sur lesquels circulent des photos et vidéos amateurs des derniers instants du dictateur déchu. Hagard et fatigué sur les premières images. Ensanglanté et mort, ou pas loin de l'être, sur les dernières. Entre les deux ? Un lynchage en règle, filmé. Et ce n'est pas le seul « accident », loin de là. Au moins un des fils du Guide a malencontreusement été abattu pendant sa capture, de même que l'ex-ministre de la défense. Les trois corps ont été enterrés quelque part dans le désert, pour éviter, selon l'excuse remise au goût du jour depuis Ben Laden, que les tombes ne deviennent des « lieux de pèlerinage ». Cela ne les empêchera pas de redevenir poussière, mais sous le tapis.

 

On pourrait spéculer à l'infini sur les raisons de ces opportunes disparitions précoces. Ne

s'agit-il que de la vengeance aveugle des ex-victimes ? Il est peu probable qu'on le sache un jour, et de toute façon quelle que soit l'explication, elle est mauvaise. Tout tyran qu'il fût, Kadhafi avait droit à un procès public. Les exécutions sommaires ne fondent jamais rien de bon. Pendant ce temps là, le CNT se félicite, l'Europe se congratule, certains Libyens dansent, d'autres se cachent. Les soldats loyalistes capturés à Syrte ont été passés par les armes, et ils n'étaient ni les premiers, ni les derniers. Mais qui s'en soucie ?

 

 

 

(1) : Les tribus de Cyrénaïque, à l'Est, voyant d'un mauvais œil la mainmise des tribus de Tripolitaine, dont Kadhafi est originaire, sur le régime.

Par Lucien Leclerc - Publié dans : Les restes du monde
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 19:15

Peu de gens connaissent Ilyes Satouri, qui vient pourtant d'apporter à la France un titre

mondial, en ce dimanche où nous en avions bien besoin. La coupe du monde de rugby, certes, ne s'est pas trop mal déroulée : après tout, nos Bleus descendus en flammes par la presse sportive internationale finissent vice-champions du monde à un point seulement des All Blacks en finale. Mais la performance tricolore a été bien plus impressionnante dans une autre compétition beaucoup moins médiatisée, l'ESWC, à savoir Electronic Sport World Cup 2011, la coupe mondiale du sport électronique, qui s'est tenue à la Paris Games Week ces derniers jours.

 

Vous aurez compris à ce stade que ce billet sera nettement moins politique que les

précédents, mais en tant qu'adepte assumé des jeux vidéos, je tenais à saluer la performance de nos représentants. Cité en début d'article, Ilyes Satouri, alias Stephano, a remporté en fin d'après-midi la finale de Starcraft II, le jeu de stratégie en temps réel le plus populaire du moment avec plus de cinq millions de joueurs. Notre jeune compatriote âgé de dix-huit ans seulement décroche enfin le titre mondial après une série d'excellentes performances dans des compétitions internationales jusque là largement dominée par la Corée du Sud.

 

Bravo également aux membres de l'équipe féminine de Counter Strike, le jeu de tir à la première personne bien connu, qui deviennent vice-championnes du monde derrière les Américaines. Et n'oublions pas Yoann Cook, alias YoYo, qui termine honorablement sur la dernière marche du podium pour Trackmania Nations, un jeu de course automobile.

 

On peut regretter que ces victoires et le monde l'e-sport en général ne soient pas plus

populaires auprès du grand public. La faute à la mauvaise image des jeux vidéos, qu'on associe généralement aux adolescents boutonneux et asociaux, alors même que les rangs de leurs adeptes sont aujourd'hui constitués en majorité de jeunes adultes. Car à part ce cliché persistant, l'e-sport a tout pour connaître un succès plus large : une très grande variété de jeux, un format qui favorise bien souvent le suspens et les retournements de situation, et bien sûr une professionnalisation progressive du milieu.

 

Atteindre un très haut niveau dans ce genre de domaine n'est en effet pas plus facile que dans d'autres sports. Entraînement extrêmement régulier, réflexes très développés, sang-froid à toute épreuve... à ceux qui pointeront du doigt l'absence de performance physique au sens strict, on pourra rétorquer que le niveau de concentration nécessaire pour analyser en permanence la situation et prendre des décisions complexes (dans les jeux de stratégie en temps réel notamment) compense largement. Les échecs sont bien reconnus comme sport olympique depuis 1999 !

 

L'espoir est toutefois permis, et il vient d'internet. Les diverses compétitions sont de plus en

plus suivies en direct ou reprises sur les sites de vidéos à la demande par des commentateurs de plus en plus célèbres. Citons par exemple les Français Pomf et Thud, deux frères spécialisés dans Starcraft II et dont les parties commentées ont été vues plus de trente millions de fois sur Youtube. Les mille deux cents places pour leur prochain événement au Bataclan à Paris ont été écoulées en moins de deux jours. Aux États-Unis, des personnalités comme Day9 font encore mieux et disposent de leurs propres WebTV. De plus en plus de leurs spectateurs déclarent ne pas jouer eux-mêmes, ou n'avoir commencé qu'en y prenant goût grâce à ces hérauts de l'e-sport.

 

Du côté des joueurs également, l'Europe rattrape son retard avec des structures comme Millenium, qui regroupe des équipes rémunérées et coachées dans beaucoup de jeux phares du moment. Stephano est l'un de leurs membres les plus performants actuellement. Enfin, les marques ne se tiennent pas à l'écart, et nombre d'entre elles financent et sponsorisent des poulains : celles qui sont spécialisées dans le matériel informatique bien sûr, comme ASUS, Razer ou MSI, mais aussi, plus étonnant, des entreprises comme Gazprom, Winamax, ou Coca Cola Zéro.

 

Bravo donc à nos champions du jour, et bonne chance à l'e-sport et à tous ceux qui s'attachent

à le populariser ! Retour à des sujets plus politiques au prochain article.

Par Lucien Leclerc - Publié dans : Du côté de chez nous
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  • : Me faire plaisir en mettant mes idées par écrit, poser les questions qui dérangent, et ouvrir des pistes de réflexion originales sont les principaux objectifs de ce blog. A l'occasion, un billet sur d'autres sujets pointera peut-être le bout de son nez. Et pour ceux qui se poseraient la question, l'avatar est une miniature extraite d'une statue de Nicolas Machiavel, auteur décrié à tort dont le Prince vaut le détour !
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